25/03/2011

Toast à Ivan Chtcheglov

« Une éthique ? Vous êtes en résidence surveillée, presque en prison et vous osez parler d'éthique ? »

 


Ivan Chtcheglov à l'asile psychiatrique par le_duc_de_trefle

 

« La condition qui est actuellement faite à Ivan Chtcheglov peut être ressentie comme une des formes toujours plus différenciées que revêt, avec la modernisation de la société, ce contrôle de la vie qui a mené, en d’autres temps, à la Bastille pour athéisme, par exemple, ou à l’exil politique. » 

 Internationale situationniste n⁰ 9, «Lettres de loin», août 1964

 

« Mais puis-je oublier celui que je vois partout dans le plus grand moment de nos aventures ; celui qui, en ces jours incertains, ouvrit une route nouvelle et y avança si vite, choisissant ceux qui viendraient ; car personne d’autre ne le valait, cette année-là ?

 On eût dit qu’en regardant seulement la ville et la vie, il les changeait. Il découvrit en un an des sujets de revendications pour un siècle ; les profondeurs et les mystères de l’espace urbain furent sa conquête.

 Les pouvoirs actuels, avec leur pauvre information falsifiée, qui les égare eux-mêmes presque autant qu’elle étourdit leurs administrés, n’ont pas pu encore mesurer ce que leur a coûté le passage rapide de cet homme. Mais qu’importe ? Les naufrageurs n’écrivent leur nom que sur l’eau. »

 Guy Debord, In girum imus nocte et consumimur igni.

22:24 Écrit par anormopathe dans Vidéos, audio | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/03/2011

Traitement sécuritaire de la folie (Patrick Coupechoux)

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La France stigmatise les malades mentaux 

Traitement sécuritaire de la folie 

La castration physique pour un violeur ? Pourquoi pas, a répondu la ministre de la justice Michèle Alliot-Marie, lors d’un débat parlementaire. Cette conception antique du droit (œil pour œil, dent pour dent) rejoint, dans un autre domaine, celle de la psychiatrie ramenée, au fil des réformes, plusieurs décennies en arrière. Les changements entrepris par M. Nicolas Sarkozy font de tout malade mental un individu dangereux dont la société doit se protéger — et non un être humain qui doit être soigné.

Par PATRICK COUPECHOUX

Journaliste

(Décembre 2009)

Le jour du 2 décembre 2008 pourrait faire date dans l’histoire de la psychiatrie française. Non parce que ce jour-là, pour la première fois, un président de la République en exercice s’est rendu dans un hôpital psychiatrique — celui d’Antony, en région parisienne —, mais en raison de la teneur du discours de M. Nicolas Sarkozy. Jamais probablement, depuis la Libération, le plus haut personnage de l’Etat n’avait à ce point stigmatisé la maladie mentale. Pour lui, aucun doute : les fous sont avant tout dangereux. Pour s’en convaincre, il suffit de l’écouter. Par exemple :« Votre travail comporte de grandes satisfactions (...). Mais il y a aussi l’agressivité [c’est nous qui soulignons], la violence, les réadmissions fréquentes de tous ces patients dont vous vous demandez si la place est bien ici [sic]. » Mais aussi : « L’espérance, parfois ténue, d’un retour à la vie normale (...), ne peut pas primer en toutes circonstances sur la protection de nos concitoyens. » Ou encore : « Je comprends parfaitement que le malade est une personne dans toute sa dignité. (...) Des malades en prison, c’est un scandale. Mais des gens dangereux dans la rue, c’est un scandale aussi. » Il faut noter, pour goûter pleinement la saveur de tels propos, que tous les experts s’accordent aujourd’hui pour dire qu’en France 30 % des sans-domicile fixe (SDF) sont des psychotiques, c’est-à-dire d’authentiques malades mentaux qui ont été abandonnés et qui meurent sur les trottoirs de nos villes.

Le président précise encore sa pensée : « Il va falloir faire évoluer une partie de l’hôpital psychiatrique pour tenir compte de cette trilogie : la prison, la rue, l’hôpital, et trouver le bon équilibre et le bon compromis. » C’est donc clair : il faut banaliser l’horreur — des fous dans la rue ou en prison — et considérer que la maladie mentale, aujourd’hui, représente avant tout un problème sécuritaire. Ainsi les fous, après les pédophiles et les terroristes, sont-ils livrés à la vindicte d’une population effrayée. Faut-il rappeler quelques évidences ? D’abord, si l’on compare les statistiques, les fous commettent moins de crimes que la population générale (1). Ensuite, lorsqu’il y a crime ou délit, c’est bien souvent parce qu’il y a eu rupture de soin. La psychiatrie n’a donc pas besoin de vigiles, mais de soignants compétents. Enfin, les malades mentaux sont victimes de l’indifférence, de la stigmatisation, de la violence, de l’abandon, et ils ont une espérance de vie plus courte que les gens « normaux ». M. Sarkozy a ce talent de transformer des victimes en coupables désignés...

Forces de l’ordre et infirmières

Son discours a d’ailleurs été prononcé quelques jours après le meurtre d’un jeune homme par un schizophrène à Grenoble. En bon communicant, le président surfe sur l’émotion pour faire admettre sa politique. Car la visite à Antony a été pour lui l’occasion de présenter toute une série de mesures. Il a ainsi annoncé la mise en œuvre d’un plan de sécurisation des hôpitaux psychiatrique auquel l’Etat va consacrer 30 millions d’euros. « Il s’agira, explique-t-il, de mieux contrôler les entrées et les sorties des établissements, de prévenir les fugues. » Des dispositifs de géolocalisation vont être appliqués aux patients hospitalisés sans leur consentement, afin de déclencher automatiquement une alerte au cas où ils s’enfuiraient. Des unités fermées, équipées de caméras de surveillance, seront installées « dans chaque établissement qui le nécessite » ; deux cents chambres d’isolement seront également aménagées. L’Etat va enfin investir 40 millions d’euros pour la création de quatre unités pour malades difficiles (UMD), c’est-à-dire des lieux fermés, venant s’ajouter aux cinq existant aujourd’hui.

Le président a également annoncé la présentation prochaine d’un projet de loi sur l’hospitalisation d’office. Au passage, il cite un chiffre faux : les placements d’office représenteraient 13 % des hospitalisations ; en fait, il s’agit des hospitalisations sans consentement du patient, la plupart du temps des HDT (hospitalisations à la demande d’un tiers, en général la famille). Les hospitalisations d’office (HO), décidées par la préfecture, qui interviennent lorsque l’ordre public est menacé — ce qui n’est tout de même pas identique —, ne représentaient, selon une circulaire d’avril 2008 du ministère de la santé, que 2 % des hospitalisations ; c’est sans doute trop peu pour M. Sarkozy. Celui-ci demande expressément que figure dans cette loi une obligation de soin. Cette mesure touche à une liberté fondamentale : on imagine les équipes infirmières, accompagnées des forces de l’ordre, venir faire une injection à un malade récalcitrant... Le soin suppose la confiance du patient ; sans quoi, comme le souligne le psychiatre Guy Baillon, tout pousse celui-ci « à comprendre que la société qui l’entoure lui est hostile (2) ». M. Sarkozy avoue connaître le principe : nul ne peut être soigné sans son consentement ; « encore faut-il, précise-t-il, que ce consentement soit lucide ». Comme les fous — citoyens de seconde zone — ne le sont pas, il envoie le principe au diable...

Les sorties des patients seront désormais encadrées et soumises à trois avis : celui du psychiatre et du cadre infirmier qui suivent le malade, et celui d’un psychiatre extérieur. Mais ils ne seront là que pour donner un avis : le préfet en personne prendra la décision. Pourquoi ? Parce qu’il est le « représentant de l’Etat », répond M. Sarkozy. On ne saurait mieux dire que les aspects sécuritaires seront désormais les seuls pris en compte. Dès lors, on ne considère plus les psychiatres que comme des experts à qui l’on demande une opinion que l’on n’est pas tenu de suivre. Les décisionnaires sont, dans le domaine public, le préfet, et, à l’hôpital, le directeur-manager, qui devra devenir le « vrai patron », celui qui « prend les décisions ». Inutile de préciser que ces « managers » ne connaissent rien à la maladie mentale. Ils ne sont là que pour gérer — rechercher les économies, imposer d’absurdes systèmes d’évaluation —, faire respecter l’ordre et garantir la sécurité. Enfin, M. Sarkozy revient à une idée qu’il avait déjà exprimée lorsqu’il était ministre de l’intérieur (3) : celle de créer un fichier national des patients hospitalisés d’office.

Ce discours a suscité une levée de boucliers parmi les soignants. En quelques semaines, une pétition, intitulée « La nuit sécuritaire », a été signée par plus de vingt mille d’entre eux ; le 7 février 2009, à Montreuil, en banlieue parisienne, un meeting a réuni près de deux mille personnes. Du jamais-vu.

Les propos d’Antony n’ont pourtant pas éclaté comme un coup de tonnerre dans un ciel serein : ils ne sont que la brutale accélération d’un processus à l’œuvre depuis vingt-cinq ans. Pour mieux le comprendre, il faut s’attarder quelques instants sur ce qui s’est passé en France depuis la Libération. Au sein de la Résistance est né le mouvement « désaliéniste », qui a voulu en finir avec l’asile dans lequel on enfermait les gens, parfois leur vie durant ; un mouvement qui a réaffirmé avec force une idée déjà exprimée au temps de la Révolution française par Philippe Pinel, le fondateur de la psychiatrie française : celle de l’humanité de la folie (4). En d’autres termes, si les fous sont des êtres humains, il faut leur permettre de vivre parmi les hommes, tels qu’ils sont, y compris en affirmant leur droit à la folie. Mais il ne suffit pas, pour cela, de faire tomber les murs de l’asile — la folie fait peur, et les fous peuvent être laissés à l’abandon, on le voit aujourd’hui ; il faut organiser ce retour « à la cité ».

Les tenants de la psychothérapie institutionnelle et du secteur (5) — qui ont été les principaux acteurs de cette révolution — ont ainsi inventé une nouvelle psychiatrie, avec une redéfinition du rôle du psychiatre, non plus « personnage médical (6) », mais « animateur de pointe (7) »d’une équipe chargée de faire le lien entre les patients et la société. « Nous allons utiliser le potentiel soignant du peuple », disait Lucien Bonnafé, l’un de ces psychiatres de la Libération (8). Ils ont redéfini le statut de soignant : tout le monde peut l’être, y compris les autres patients. Cela suppose la fin du rôle central de l’hôpital, et surtout la continuité des soins ; autrement dit, l’équipe doit s’occuper du patient en permanence, c’est-à-dire nouer le lien avec lui et le maintenir, dans et hors de l’hôpital, durant toute sa vie. Et tout cela doit être organisé sur un secteur géographique : « Comme il y a une école publique dans chaque quartier, disait Jean Ayme, l’un des animateurs de ce mouvement, il y a une équipe médico-sociale par secteur (9). »

Une vision scientiste dominante

Il faut le dire avec force : cette psychiatrie, fondée sur la prise en compte du sujet, fonctionne et fait tous les jours ses preuves, même si elle doit sans cesse être interrogée et réinventée. La « crise » actuelle vient de l’impossibilité que l’on fait à cette psychiatrie-là d’exister. C’est avec elle que M. Sarkozy, comme ses prédécesseurs, veut en finir. D’abord parce que, dans l’esprit du néolibéralisme dominant, la folie est quelque chose qu’il faut neutraliser — c’est le sens des mesures proposées — et gérer, au coût le plus bas possible : les dépenses en psychiatrie sont, dans cet esprit, des dépenses inutiles faites pour des gens inutiles. D’où la rage des évaluations (10), des certifications en tout genre, les tarifications à l’acte, que l’on impose de plus en plus aux soignants. Ensuite, parce que le système a d’autres priorités, en particulier celle de faire face au phénomène massif de la souffrance psychique. Pour que le psychiatre accepte de s’occuper de la mère de famille déprimée ou du cadre suicidaire, il a fallu en finir avec la folie, qui est aujourd’hui niée, et passer de la « psychiatrie à la santé mentale ». Le psychotique est désormais sur le même plan que le névrosé ordinaire.

Enfin, nous assistons au triomphe de la raison froide et calculatrice ; pas la raison des philosophes, mais celle des comptables et des technocrates. Le fou n’est plus un sujet unique avec qui il faut nouer une vraie relation, mais un cerveau malade qu’il faut « scanner », un patrimoine génétique qu’il faut décrypter, une succession de troubles du comportement et une série de symptômes qu’il faut éradiquer pour revenir au plus vite à la norme. Cette vision scientiste, qui s’exprime notamment dans la biopsychiatrie dominante, permet aujourd’hui l’exclusion. A quoi bon, en effet, dépenser de l’argent pour des gens alors qu’on se dit que c’est en pure perte ? La science se chargera un jour de régler le problème ; en attendant, il y a les médicaments qui anesthésient — ce qui ravit l’industrie pharmaceutique — et les thérapies comportementales qui redressent...

La folie n’a donc plus sa place dans notre monde, elle qui pourtant nous montre que la vie ne se résume pas aux chiffres et aux courbes, elle qui nous enseigne que les relations entre les hommes ne peuvent être uniquement contractuelles. Elle qui s’oppose, par la force des choses, à une conception de l’individu considéré comme un « homme économique » ou un « homme du marché », comme on voudra, consommateur et producteur, capable de s’adapter à un environnement instable, engagé non dans une relation humaine, mais dans des « transactions », jusque dans sa vie intime. « Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, disait François Tosquelles, c’est l’homme même qui disparaît (11). »



 (1) Selon Jean-Louis Senon, enseignant en criminologie, seulement 2 à 5 % des auteurs d’homicides et 1 à 4 % des auteurs d’actes de violence sexuelle sont atteints de troubles mentaux. Les malades mentaux sont dix-sept fois plus souvent victimes de crimes et de délits que le reste de la population (audition, le 16 janvier 2008, devant la commission sénatoriale chargée d’étudier le projet de loi relatif à la rétention de sûreté).

(2) Lettre ouverte dans le cadre du mouvement La nuit sécuritaire : www.collectifpsychiatrie.fr

(3) Lire « Même la folie a cessé d’être innocente »Le Monde diplomatique, juillet 2006.

(4) Pour Pinel subsistait en chaque fou une part de raison, d’où la possibilité, en s’adressant à celle-ci, de le soigner.

(5) Les deux courants désaliénistes sont nés dans la Résistance. Le premier, animé par François Tosquelles, insiste sur le fait qu’il faut « soigner l’institution » pour soigner le patient ; le second, animé par Lucien Bonnafé, imagine une organisation de la psychiatrie par quartier ou par « secteur ».

(6) Cf. Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique, Plon, Paris, 1961.

(7) Lucien Bonnafé, « Le personnage du psychiatre », dans Désaliéner ? Folie(s) et société(s), Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 1991.

(8) Recherches, n° 17, 1975.

(9) Jean Ayme, Chroniques de la psychiatrie publique, Eres, Toulouse, 1995.

(10) « Un sourire (pas le sourire des hôtesses de l’air), c’est très important en psychiatrie, dit Jean Oury, le fondateur de la clinique de La Borde, à Cour-Cheverny, mais un sourire, cela peut-il s’évaluer ? »

(11) Le Vécu de la fin du monde dans la folie, Editions de l’Arefppi, Nantes, 1986.

 

SOURCE DE L'ARTICLE

14:48 Écrit par anormopathe dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/03/2011

Les médicaments psychiatriques : traitement ou charlatanisme ? (Lawrence Stevens)

Les médicaments psychiatriques : traitement ou charlatanisme ? 

par Lawrence Stevens*

traduit de l’anglais par Denis Masse

Les médicaments psychiatriques ne valent rien, et la plupart sont dangereux. Plusieurs causent des dommages permanents au cerveau, aux doses habituellement utilisées. Ces médicaments ainsi que la profession qui défend leur utilisation sont dangereux pour votre santé.

LES ANTIDÉPRESSEURS

Le manuel The Comprehensive Textbook of Psychiatry/IV, publié en 1985, affirme: “Les médicaments de la famille des tri-cycliques sont les antidépresseurs les plus efficaces” (Williams & Wilkins, p. 1520). Mais, dans son livre Overcoming Depression(Vaincre la dépression), publié en 1981, le Dr. Andrew Stanway, un médecin britannique, affirme: “si les antidépresseurs étaient réellement aussi efficaces qu’on nous le fait croire, les taux d’admission dans les hôpitaux pour dépression auraient sûrement diminué depuis les vingt ans qu’ils sont disponibles. Hélas cela n’est pas arrivé. […] Plusieurs études ont trouvé que les tri-cycliques sont à peine plus efficaces que des placebos et certaines ont même trouvé qu’ils n’étaient pas aussi efficaces que des comprimés bidons.” (Hamlyn Publishing Group, Ltd., p. 159-160). 

Dans son manuel Electroconvulsive Therapy (La thérapie par électrochoc), Richard Abrams, médecin, professeur de psychiatrie à l’École de médecine de Chicago, explique la raison de la réédition, en 1988, de son livre publié 6 ans auparavant: “Durant ces 6 années, l’intérêt pour les électrochocs s’est grandement accru”. […] Qu’est-ce qui est responsable pour cette volte-face dans la psychiatrie américaine? Peut-être une désillusion avec les antidépresseurs. Aucun ne fut trouvé d’une efficacité thérapeutique supérieure à l’imipramine (un tri-cyclique), âgé maintenant de 30 ans, et les substances introduites plus récemment sont souvent soit moins efficaces ou bien plus toxiques, ou les deux, que les médicaments plus anciens." (Presses de l’Univ. Oxford, p. xi). 

Dans son livre, le Dr. Abrams affirme: “Malgré les affirmations des fabricants, il n’y a eu aucun progrès significatif dans le traitement pharmacologique de la dépression depuis l’introduction de l’imipramine en 1958.” (p. 7). Dans la préface de ce livre, Max Fink, médecin, professeur de psychiatrie de l’Université de l’État de New-York à Stony Brook, dit que la raison pour l’usage accru des électrochocs (aussi appelés “thérapies” électroconvulsives ou TEC) comme traitement de la dépression, est ce qu’il appelle “le désappointement au sujet de l’efficacité des médicaments psychotropes” (p. vii). 

Dans son livre, Les médicaments psychiatriques: danger pour le cerveau, publié en 1983, le psychiatre Peter Breggin, médecin, affirme: “La chose la plus importante à dire, au sujet des antidépresseurs les plus fréquemment utilisés, est qu’ils n’ont pas d’effet antidépressif spécifique.” Comme les neuroleptiques, auxquels ils ressemblent beaucoup chimiquement, ils sont hautement neurotoxiques et handicapant pour le cerveau, leurs effets étant le résultat d’un dérangement de la fonction cérébrale normale. [...] Seule “l’opinion clinique” des défenseurs des médicaments défend l’effet antidépressif de ces prétendus  antidépresseurs. (Springer Pub. Co., pp. 160 & 184). 

Un article du magazine Newsweek, daté du 7 février 1994 dit que “le Prozac […] et  ses cousins chimiques comme le Zoloft et le Paxil ne sont pas plus efficaces contre la dépression que les traitements plus vieux.” (p. 41). La plupart des gens à qui j’ai parlé et qui avaient pris ces prétendus antidépresseurs, incluant le Prozac, ont dit que le médicament n’avait pas fonctionné pour eux. Ceci jette un doute sur les affirmations, souvent faites, que 60% ou plus de ceux qui prennent ces médicaments en bénéficient.

LE LITHIUM

On dit que le lithium peut aider les gens dont l’humeur change périodiquement de très joyeuse à très mauvaise. Les psychiatres appellent cela le trouble maniaco-dépressif ou maladie bipolaire. Le lithium fut décrit pour la première fois comme un médicament psychiatrique en 1949 par le psychiatre australien John Cade. Selon un traité de psychiatrie, “pendant qu’il faisait des expériences sur les animaux, Cade remarqua, presque par hasard, que le lithium rendait les animaux léthargiques, ce qui lui donna l’idée d’administrer cette substance à plusieurs patients psychiatriques agités.” Selon ce traité, “ce fut un moment clé dans l’histoire de la psychopharmacologie”. (Harold I. Kaplan, M.D. & Benjamin J. Sadock, M.D., Clinical Psychiatry, Williams & Wilkins, 1988, p. 342). Mais si vous ne voulez pas être léthargique, prendre du lithium serait d’un avantage douteux. Un supporter du lithium comme thérapie psychiatrique admet que le lithium cause “un sentiment plutôt dépressif, généralement léthargique”. Il appelle ça “la léthargie standard” causée par le lithium. (Roger Williams, "A Hasty Decision? Coping in the Aftermath of a Manic-Depressive Episode", American Health Magazine, octobre 1991, p. 20). De la même manière, un membre de ma famille fut diagnostiqué comme maniaco-dépressif et on lui donna une ordonnance pour du carbonate de lithium. Il me confia, des années plus tard: “Le lithium me protégeait de mes hauts mais pas de mes bas.” Cela ne doit pas être une surprise qu’un médicament induisant la léthargie ait cet effet. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les psychiatres affirment quelquefois que le lithium efface les sentiments de dépression, comme si c’était possible qu’un médicament provoquant la léthargie comme le lithium (ainsi que la plupart des médicaments psychiatriques) n’augmente pas les sentiments de dépression et de mal-être – même si on leur donnent le nom d’antidépresseurs. 

MÉDICAMENTS TRANQUILISANTS ET ANXIOLYTIQUES

Parmi les médicaments les plus prescrits figurent ceux de la classe des tranquillisants ou anxiolytiques, incluant le Valium, le Librium, le Xanax et l’Halcion. Les médecins qui les prescrivent disent qu’ils ont des effets calmants, combattent l’anxiété, la panique ou bien sont utiles pour aider à dormir. Quiconque croit ces affirmations devrait aller à la bibliothèque la plus proche et lire l’article “High Anxiety” dans le numéro de janvier 1993 du magazine Consumer Reports, ou bien lire le chapitre 11 du livre Toxic Psychiatry (St. Martin's Press, 1991), par le psychiatre Peter Breggin, les deux affirmant que le contraire est plus près de la réalité. Comme tous ou presque tous les médicaments psychiatriques, les prétendus "anxiolytiques" ne guérissent rien mais sont plutôt des substances handicapant le cerveau. Lors d’un essai clinique, 70% des personnes prenant de l’Halcion “ont développé des pertes de mémoire, de la dépression et de la paranoïa” (“Le fabricant de l’Halcion, Upjohn Co., défend un somnifère controversé”, Miami Herald, 17 décembre 1991, p. 13A). Selon le Newsweek du 17 février 1992, “quatre pays ont déjà interdit ce médicament” (p. 58). Dans son livreToxic Psychiatry, le psychiatre Peter Breggin, parlant des tranquillisants, dit: “comme la plupart des médicaments psychiatriques, l’usage d’un médicament finit par causer une augmentation des mêmes symptômes que le médicament est supposé améliorer” (ibid, p. 246).

LES MÉDICAMENTS PSYCHIATRIQUES ET LE SOMMEIL :

DISTINCTION ENTRE LE SOMMEIL ET L’INCONSCIENCE PROVOQUÉE PAR LES MÉDICAMENTS

Contrairement à l’affirmation que les neuroleptiques, les tranquillisants et les prétendus antidépresseurs sont de bons somnifères, leur véritable effet est d’inhiber ou de bloquer le vrai sommeil. Une fois que je me présentais à un cours de psychiatrie, avec un ami étudiant en médecine, le professeur nous a dit: “La recherche a montré que nous n’avons pas besoin de dormir mais que nous avons grandement besoin de rêver.” Le stade du sommeil où nous rêvons est le plus important. La plupart des médicaments psychiatriques, y compris ceux promus comme somnifères ou tranquillisants, inhibent ce stade très important du sommeil, provoquant un état qui ressemble au sommeil mais qui est véritablement un état d’inconscience sans rêves – pas du sommeil. Le sommeil, en d’autres mots, est une activité mentale importante qui est altéré ou stopé par la majorité des médicaments psychiatriques. 

Un magazine de développement personnel conseille: “Ne prenez des somnifères que sur ordre du médecin et pendant pas plus de dix nuits consécutives. En plus de perdre de leur efficacité et de provoquer une dépendance, les somnifères réduisent ou empêchent le stade de rêve du sommeil qui est nécessaire à la santé mentale” (magazine Going Bonkers?, premier numéro, p. 75). 

Dans le livre The Brain Book, le professeur Peter Russell Ph.D., de l’Université du Rhode Island, dit: “Durant le sommeil, et particulièrement durant les périodes de rêve, des protéines et autres substances du cerveau utilisées pendant la journée sont régénérées.” (Plume, 1979, p. 76). 

Des expériences de privation du sommeil sur des gens normaux ont montré que le manque de sommeil cause des hallucinations s’il dure assez longtemps. (Maya Pines,The Brain Changers, Harcourt Brace Jovanovich, 1973, p. 105). Alors que croyez-vous que sont les conséquences du fait de prendre des médicaments qui inhibent ou bloquent le vrai sommeil?

LES NEUROLEPTIQUES/ANTI-PSYCHOTIQUES/ ANTI-SCHIZOPHRÉNIQUES

LA DYSKINÉSIE TARDIVE

Aussi dangereux que soient les prétendus antidépresseurs, le lithium et les prétendus anxiolytiques (tranquillisants), ils sont loin d’être aussi dommageables que les neuroleptiques, aussi appelés “antipsychotiques” ou “anti-schizophréniques”. Inclus dans cette catégorie sont le Largatil (chlorpromazine), le Mellaril, le Prolixin (fluphenazine), le Compazine, le Stelazine et l’Haldol (haloperidol), ainsi que plusieurs autres. Tenant compte de leurs effets psychologiques, ces prétendus neuroleptiques provoquent le mal-être et non la tranquillité. Ils bloquent (physiquement et par leur action neurologique) en grande partie les facultés d’agir et de penser d’une personne, et cela même aux doses courantes. En handicapant les gens, ils peuvent arrêter presque n’importe quelle pensée ou comportement que le “thérapeute” veut arrêter. Mais ceci ne fait que handicaper une personne, ce n’est pas une thérapie. Le médicament arrête temporairement, ou détruit de façon permanente, les bons comme les mauvais côtés de la personnalité d’une personne. À quel degré le handicap provoqué par le médicament peut disparaître en arrêtant la prise du médicament dépend de la durée de la prise et du dosage administré. Les prétendus médicaments neuroleptiques/antipsychotiques endommagent le cerveau d’une manière plus directe, plus grave et plus permanente que n’importe quelle autre classe de médicaments utilisée en psychiatrie. 

Les docteurs Joyce G. Small et Iver F. Small, tous deux professeurs de psychiatrie à l’Université de l’Indiana, critiquent les psychiatres qui utilisent des “psychotropes qui sont connus comme ayant des effets neurotoxiques”, et parlent “de la prise de conscience de plus en plus répandue des effets secondaires indésirables à long terme et quelquefois permanents sur la fonction cérébrale provoqués par les neuroleptiques. La preuve des dommages du cerveau n’est pas mince mais plutôt grossièrement évidente, même pour l’observateur non-initié!” (Behavioral and Brain Sciences, mars 1984, Vol. 7, p. 34). 

Selon Conrad M. Swartz, Ph.D., médecin., professeur de psychiatrie à l’École médicale de Chicago, “bien que les neuroleptiques soulagent l’anxiété psychotique, leur effet calmant s’étend à d’autres aspects subtils de la personnalité, dont l’initiative, les réactions émotionnelles, l’enthousiasme, le désir sexuel, l’attention, et la perception du soi. […] Ceci, en plus des effets secondaires, le plus commun étant des mouvements involontaires, sont la preuve de l'altération du cerveau” (Behavioral and Brain Sciences, mars 1984, Vol. 7, pp. 37-38). 

Le Mental and Physical Disability Law Reporter, dans un rapport publié en 1985, indique que les tribunaux des États-Unis ont finalement commencé à considérer que l’administration involontaire des prétendus antipsychotiques/neuroleptiques pourrait être affectée par les droits donnés par le premier amendement de la Constitution des États-Unis. “Parce que […] les médicaments antipsychotiques ont la capacité de nuire gravement et même pour la vie à la faculté de penser et de communiquer d’une personne” (“Les plaintes concernant l’administration involontaire de médicaments sont en progression, janvier-février 1985, p. 26).  Dans Les molécules du cerveau: la nouvelle science utopique de la psychologie moléculaire (Molecules of the Mind: The Brave New Science of Molecular Psychology), le Professeur Jon Franklin a noté: “Cette ère coïncida avec une prise de conscience croissante que les neuroleptiques, non seulement ne guérissaient pas la schizophrénie, – mais qu’ils endommageaient en fait le cerveau. Soudainement, les psychiatres qui les utilisaient, comme auparavant leurs patients marginaux, furent suspectés de nazisme et même pire” (Dell Pub. Co., 1987, p. 103). 

Dans son livre Les médicaments psychiatriques: danger pour le cerveau  (Psychiatric Drugs: Hazards to the Brain), le psychiatre Peter Breggin allègue qu’en utilisant des médicaments qui endommagent le cerveau, “la psychiatrie a libéré à travers le monde une épidémie qui atteint de un à deux millions de personnes chaque année” (op. cit.,pp. 109 et 108). Dans les cas graves, le dommage au cerveau provoqué par les neuroleptiques prend la forme de mouvements corporel anormaux appelés "dyskinésie tardive". Mais la dyskinésie tardive est seulement la pointe de l’iceberg des dommages cérébraux causés par les neuroleptiques. Les facultés supérieures du cerveau sont plus vulnérables et sont dérangées avant les fonctions élémentaires comme le contrôle musculaire. 

Le professeur de psychiatrie, le docteur Richard Abrams, médecin, a reconnu que “la dyskinésie tardive a maintenant été détectée après de courts traitements avec des médicaments neuroleptiques (Benjamin B. Wolman [éditeur], The Therapist's Handbook: Treatment Methods of Mental Disorders [Le Manuel du Thérapeute : méthodes de traitement des troubles mentaux], Van Nostrand Reinhold Co., 1976, p. 25).  Dans son livre The New Psychiatry (La nouvelle psychiatrie), publié en 1985, le professeur Jerrold S. Maxmen, médecin, de l’Université Columbia, allègue: “le meilleur moyen d’éviter la dyskinésie tardive est d’éviter complètement les médicaments antipsychotiques. À l’exception du traitement de la schizophrénie, ils ne doivent jamais être utilisés plus de deux à trois mois consécutifs. Ce qui est criminel, c’est que beaucoup trop de patients reçoivent des antipsychotiques qu'ils ne devraient pas recevoir.” (Mentor, pp. 155-156). En fait, le Dr. Maxmen ne va pas assez loin. Sa qualification de l’administration des soi-disant médicaments antipsychotiques/anti-schizophréniques/neuroleptiques comme “criminelle” est correcte pour tous les gens, y compris ceux appelés schizophrènes, même si les médicaments ne sont pas donnés assez longtemps pour que les dommages au cerveau en arrivent à la dyskinésie tardive. 

L’auteur de la préface d’un livre de quatre médecins, publié en 1980, Tardive Dyskinesia: Research & Treatment (Dyskinésie tardive : recherche et traitement) a fait ces remarques: “À la fin des années soixante, j’ai fait un résumé de la littérature sur la dyskinésie tardive […]. La majorité des psychiatres, ou bien ignoraient l’existence de ce problème, ou bien faisaient des efforts vains pour prouver que ces anomalies motrices étaient cliniquement négligeables ou sans rapport avec la thérapie médicamenteuse. Pendant ce temps, le nombre de patients souffrant de dyskinésie tardive augmenta et les symptômes empirèrent pour ceux ayant cette maladie […]. Il y a peu de chercheurs ou de cliniciens qui ont encore des doutes sur la nature iatrogène [d’origine médicale] de la dyskinésie tardive. […] Il est évident que plus une personne en apprend sur les effets toxiques des neuroleptiques sur le système nerveux central, plus elle voit la nécessité de revoir nos pratiques médicales concernant ces médicaments. Il est malheureux que de nombreux praticiens continuent à prescrire des psychotropes à des doses excessives, et qu’un nombre considérable d’institutions psychiatriques n’ont pas encore mis en œuvre une politique concernant l’administration et la prévention de la dyskinésie tardive. Si ce livre, qui représente les opinions des experts dans ce domaine, peut mettre en évidence la complaisance de nombreux psychiatres, ce ne sera pas une petite réussite.” (in: William E. Fann, M.D., et al.,Tardive Dyskinesia: Research & Treatment [Dyskinésie tardive : recherche et traitement], SP Medical & Scientific).

Dans Psychiatric Drugs: Hazards to the Brain (Médicaments psychiatriques: danger pour le cerveau), le psychiatre Peter Breggin dit ceci: “Les neuroleptiques sont des substances extrêmement toxiques, ils sont des poisons pour de nombreux organes du corps. Ce sont particulièrement des neurotoxines très puissantes, et ils produisent fréquemment des dommages permanents au cerveau. […] La dyskinésie tardive peut se développer avec de faibles doses, pour un court laps de temps. […] La démence [perte des fonctions cérébrales supérieures] associée à la dyskinésie tardive est habituellement irréversible. […]  Rarement me suis-je senti plus triste ou plus impuissant que par la négligence de la psychiatrie à admettre l’évidence qu’elle est en train de causer des lobotomies irréversibles, des psychoses, et la démence chez des millions de patients à cause des traitements aux neuroleptiques.” (op. cit., pp. 70, 107, 135, 146).

Richard Abrams, médecin, professeur de psychiatrie, a mis en évidence que “Les antidépresseurs tri-cycliques sont chimiquement des modifications mineures de la chlorpromazine [Largatil] et furent introduits comme des neuroleptiques potentiels.” (B. Wolman, The Therapist's Handbook [Le manuel du thérapeute], op. cit., p. 31). Dans son livre Psychiatric Drugs: Hazards to the Brain [Médicaments psychiatriques: danger pour le cerveau], le Dr. Breggin appelle prétendus antidépresseurs “des neuroleptiques déguisés” (p. 166). Le psychiatre Mark S. Gold, médecin, a dit que les antidépresseurs peuvent causer la dyskinésie tardive. (The Good News About Depression [La bonne nouvelle à propos de la dépression], Bantam, 1986, p. 259).

Pourquoi les prétendus patients acceptent-ils une telle “médication” ? Quelquefois, ils sont ignorants des dommages neurologiques qu’ils s’imposent eux-mêmes en suivant les conseils de leur psychiatre qui leur conseille de prendre ce “médicament”. Mais souvent, si ce n’est pas la plupart du temps, ils sont forcés de prendre le neuroleptique, contre leur volonté. Dans son livre, Psychiatric Drugs: Hazards to the Brain, Peter Breggin dit: “de manière répétée, dans mon expérience clinique, j'ai vu des patients plongés dans une angoisse et une colère profondes parce qu’ils étaient forcés de prendre des neuroleptiques. […] Le problème est si répandu dans la pratique hospitalière quotidienne qu’une grande proportion doivent subir la menace d’une injection intramusculaire forcée avant qu’ils ne prennent le médicament.” (p. 45).

COMPARAISON ENTRE LE TRAITEMENT PSYCHIATRIQUE FORCÉ ET LE VIOL

L’administration forcée d’un médicament psychiatrique (ou d’un prétendu traitement comme les électrochocs) est une sorte de tyrannie qui peut être comparée, physiquement et moralement, au viol. Comparez le viol sexuel et l’administration involontaire d’un médicament psychiatrique, injecté intra-musculairement dans une fesse, qui est la partie de l’anatomie où l’injection est habituellement faite : dans le viol sexuel comme dans l’administration involontaire d’un médicament psychiatrique, la force est utilisée. Dans les deux cas les pantalons de la victimes sont abaissés. Dans les deux cas, un tube est inséré dans le corps de la victime contre son gré. Dans le cas du viol sexuel, le tube est un pénis. Dans le cas de ce qu’on pourrait appeler un viol psychiatrique, le tube est une aiguille hypodermique. Dans les deux cas, un fluide est injecté dans le corps de la victime contre son gré. Dans les deux cas, c’est dans (ou près) du derrière. Dans le cas du viol sexuel, le fluide est du sperme. Dans le cas du viol psychiatrique, le fluide est du Largatil, du Prolixin ou une autre drogue handicapant le cerveau. L’invasion corporelle est similaire dans les deux cas, sinon (pour des raisons que j’expliquerai) pire, dans le cas du viol psychiatrique. Similaire aussi est le sentiment d’outrage dans l’esprit de la victime de chaque type d’agression. Comme le disait Thomas Szasz, professeur de psychiatrie, “la violence est la violence, peut importe qu’elle soit nommée une maladie psychiatrique ou un traitement psychiatrique”. Certains, qui ne sont pas “hospitalisés” (c’est-à-dire emprisonnés), sont forcés, sous la menace d’emprisonnement (“hospitalisation”), de se présenter dans un cabinet de médecin toutes les deux semaines pour une injection d’un neuroleptique à longue durée d’action comme le Prolixin.

Pourquoi le viol psychiatrique est-il pire que le viol sexuel? […] La partie de votre corps la plus essentielle et la plus intime n’est pas celle entre vos jambes mais celle entre vos oreilles. Une agression du cerveau d’une personne comme l’imposition d’un “traitement“ handicapant ou dommageable pour le cerveau (comme un psychotrope, un électrochoc ou une chirurgie cérébrale) est un crime visant l’intimité moralement plus horrible qu’un viol sexuel. En termes moraux, le viol psychiatrique est un crime plus grave que le viol sexuel pour une autre raison: l’administration involontaire des “thérapies” biologiques de la psychiatrie provoque des dommages permanents au cerveau. Ceci, contrastant avec le fait que, chez la femme violée, la fonction sexuelle reste habituellement intacte. Elles souffrent bien sûr d’un traumatisme psychologique, mais les victimes d’agressions psychiatriques aussi. J’espère que ces propos ne seront pas interprétés comme minimisant le traumatisme et l’horreur du viol sexuel si je fais la remarque que j’ai défendu en justice des femmes victimes de viol sexuel et que chacune de cette demi-douzaine (environ) de femmes que j’ai connues ont repris une vie sexuelle apparemment normale, et dans la plupart des cas se sont mariées et ont fondé une famille. Au contraire, les cerveaux des personnes ayant subi l’agression psychiatrique ne sont souvent pas complètement fonctionnels à cause des dommages physiques et biologiques provoqués par le “traitement”. Dans un débat télévisé en 1990, le psychanalyste Jeffrey Masson, Ph.D., a dit qu’il souhaitait que les responsables de telles “thérapies” feront face un jour à des “procès de type Nuremberg” (Geraldo, Nov. 30, 1990).

 

* Lawrence Stevens, avocat, a défendu des patients psychiatriques en justice. Ses écrits ne sont pas protégés par le droit d’auteur. Vous êtes encouragés à en faire des copies pour en faire bénéficier d’autres personnes.

 

SOURCE DE L'ARTICLE (http://www.antipsychiatry.org/fr-drugs.htm)

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SANS REMÈDE n°2 (Journal sur le système psychiatrique)

 

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Sans Remède n’est pas pathologiquement sérieux.

Sans Remède est un journal sur le système psychiatrique, alimenté par des vécus, des confrontations et des points de vue, dans une perspective critique.

Sans Remède ne voit pas de victimes dans les hôpitaux, mais des psychiatrisé-e-s. Nous sommes des individus avec leurs histoires, leurs aliénations, leurs souffrances, leurs plaisirs, leurs combats, jamais de symptômes.

Sans Remède parle d’enfermements, du pouvoir psychiatrique et de ses effets, autant dans les murs qu’en dehors. Ce pouvoir n’est pas que le fait des médecins, il nous implique tous et toutes. Il requiert notre acceptation, de manière douce ou violente.

Sans Remède ne propose pas de critiques constructives pour penser un nouvel enfermement psychiatrique. N’importe quel soutien apporté à l’autre ou rapport de soin devient critiquable dès qu’il s’institutionnalise. Il ne s’agit pas de réinventer l’hôpital ou un quelconque lieu de soin.

Sans Remède ne laisse pas de tribune aux membres de l’institution psychiatrique, car d’autres moyens d’expression sont à leur disposition, au service de ce pouvoir. Face à la psychiatrie, et au monde qui va avec, il s’agit de travailler à sa destruction. Dans l’intervalle, il s’avère nécessaire de se défendre et de s’organiser.

Sans Solution.

En libre consultation-téléchargement sur http://sansremede.fr/

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« L'extermination camouflée » (Entretien avec Jean Oury)

 

 

16:43 Écrit par anormopathe dans Vidéos, audio | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |