15/05/2011

Foucault, Laing et le pouvoir psychiatrique (Nikolas Rose)

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“Rien n’est plus intérieur à notre société, rien n’est plus intérieur aux effets de son pouvoir que le malheur d’un fou ou la violence d’un criminel. Autrement dit on est toujours à l’intérieur. La marge est un mythe.” 

 

Foucault, Laing et le pouvoir psychiatrique 

par Nikolas Rose

(automne 2006)

 

Résumé

Dans cet article, je montre la pertinence toujours actuelle d’Histoire de la folie de Michel Foucault et de ses cours sur le pouvoir psychiatrique pour analyser le système psychiatrique d’aujourd’hui. Cette pertinence tient au fait que les analyses de Foucault font moins l’histoire que la généalogie de la psychiatrie ; elles montrent que nos façons de poser l’existence de ce que nous appelons folie se rattachent au même mouvement historique qui a créé la psychiatrie en tant que savoir pouvant désigner et gérer les fous. J’explore la relation ambiguë entre Foucault et « l’antipsychiatrie » des années 1960 et 1970, notamment dans le cas des travaux de R. D. Laing. J’examine aussi dans quelle mesure les cours de Foucault sur les anormaux et le pouvoir psychiatrique nous aident à analyser une psychiatrie qui oeuvre à l’extérieur de l’asile, qui s’appuie sur les neurosciences moléculaires et qui est dominée par la psychopharmacologie. Je soutiens que l’héritage le plus radical de Foucault n’est ni une critique du modèle médical, ni une négation du réel de la folie, ni non plus une dénonciation du pouvoir psychiatrique, mais plutôt l’argument voulant que les sujets de la psychiatrie aient le droit, le pouvoir en fait, de décider des formes de traitements qu’ils reçoivent.

Texte intégral : http://www.erudit.org/revue/socsoc/2006/v38/n2/016375ar.h...

11:21 Écrit par anormopathe dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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