18/12/2011

MORT DE LA FAMILLE (extraits)

SANGTEZ-VOUS BIEN !?!

3550342062_d2ef2d947d.jpg

BEATRICE CENCI OU LA BELLE PARRICIDE

5 FÉVRIER 1577 - 11 SEPTEMBRE 1599


SOURCE : VERSAUTOMNAL.OVER-BLOG.COM


Article dédié à la présentation d'extraits tirés de l'ouvrage intitulé, Mort de la Famille, et écrit par David Cooper, des Éditions du Seuil. " Je vise ici la dissolution des fausses structures personnelles dans lesquelles notre éducation nous fait vivre, la destruction de notre propre image inculquée de force par nos parents et nos professeurs. " David Cooper


" Le sang est plus épais que l'eau

uniquement en ce sens

qu'il véhicule une certaine stupidité sociale. "


"Résumons certains aspects de la famille qui ont toujours pour effet de nier l'homme quand ils n'ont pas de conséquences fatales. Nous étudierons plus loin les moyens de les détruire.

Il y a, en premier lieu, l'agglutinement des gens, fondé sur le sentiment qu'ils ont de leur incomplétude. Prenons un exemple typique de cette situation : la mère. Elle se sent incomplète en tant que personne et cela pour une série de raisons complexes dont les principales sont sa relation à sa propre mère et son rôle effacé dans la société. Ainsi, dans tout ce système colloïdal qu'est la famille, elle s'accroche à son fils afin qu'il compense un double manque dont l'un est subjectif : c'est sa mère qui lui en a donné le sentiment, et l'autre, objectif : il s'agit de sa suppression sociale. Quant au fils, même s'il "réussit" à quitter la maison et à se marier, il ne parviendra jamais à être plus complet que sa mère parce que, pendant les années les plus critiques de sa "formation", il s'est ressenti comme un appendice du corps et de l'esprit maternels. Au stade suprême de cette symbiose, le seul moyen pour lui de s'en sortir est une série d'actes qui le feront traiter de schizophrène et transférer dans cette réplique de la famille qu'est l'hôpital pour malades mentaux. Il se peut que seule la chaleur de l'amour permette aux gens enferrés dans la famille et les institutions sociales qui la répètent de s'en dégager.

En second lieu, la famille excelle à créer des rôles déterminés plutôt qu'à établir des conditions permettant à l'individu de prendre en charge son identité. Il s'agit ici de l'identité au sens mouvant et actif et non au sens figé des essentialistes. La famille endoctrine l'enfant en lui inculquant le désir de devenir un certain type de fils ou de fille (puis de mari ou de femme, de père ou de mère), elle ne lui laisse qu'une "liberté surveillée", étroitement confinée dans un carcan rigide. Au lieu de nous laisser cultiver un égocentrisme de bon aloi qui permette à nos actions de jaillir du centre de nous-mêmes, d'un nous que nous aurions créé et choisi, on nous apprend à nous soumettre ou à vivre excentré par rapport au monde. Ici, être excentrique signifie être normal puisque c'est être comme tout le monde, éloigné du centre de soi-même qui devient alors une région oubliée d'où nous parviennent seulement des voix de rêve parlant un langage également oublié. La plus grande partie de notre langage conscient n'est qu'une pâle et grinçante imitation des voix étranges et profondes venues de nos rêves et des modes de conscience préréflexifs (inconscients).

Être ainsi excentrique, bien élevé et normal, revient à vivre sa vie en fonction des autres et voici comment la famille inaugure un système de clivage de la personnalité tel que, plus tard dans la vie, nous fonctionnons toujours à l'intérieur des groupes sociaux comme l'une ou l'autre face d'une dualité. Cela découle du paramètre refus/acceptation de notre liberté. Nous refusons certaine de nos propres possibilités et nous en chargeons les autres. Ceux-ci à leur tout démettent en notre faveur des possibilités inverses. Ainsi, par exemple, l'antithèse éducateur-éduqué est bien ancrée dans les familles. Toute possibilité pour les enfants d'élever leurs parents est donc écartée et le devoir socialement imposé aux parents les contraint à refuser toute joie qui risquerait de supprimer la répartition des rôles. Ce système d'obligations est transposé dans toute les institutions dont feront ensuite partie les personnes élevées dans une famille (j'inclus ici, bien sûr, les familles adoptives et les orphelinats qui fonctionnent sur le même modèle). Un des spectacles les plus tristes que je connaisse est celui d'enfants de six ou sept ans, sous l'oeil de leurs parents, " jouant à l'école " avec des pupîtres et donnant des leçons exactement de la même manière qu'à l'école primaire. Comment revenir sur cette abdication et cesser d'empêcher l'enfant de nous transmettre la secrète sagesse que nous lui faisons oublier parce que nous oublions que nous l'avons oubliée ?

En troisième lieu, la famille est la première à socialiser l'enfant et, en tant que telle, à lui inculquer des freins sociaux manifestement plus puissants que ceux dont il aurait besoin pour se frayer un chemin dans la course d'obstacles dessinés par les agents de l'État bourgeois : police, administration universitaire, psychiatres, assistantes sociales, familles répétant passivement le modèle familial de leurs parents, à ceci près que les programmes de T.V. ont un peu changé. Au départ, on n'apprend pas à l'enfant comment survivre en société mais comment s'y soumettre. Le rituel de surface, les bonnes manières, les jeux organisés, les opérations mécaniques apprises à l'école remplacent systématiquement kes expériences créatrices spontanées, les jeux inventifs, le libre développement de l'imagination et des rêves. Il arrive qu'il faille recourir à une thérapie bien comprise pour redonner à nos expériences toute leur valeur, pour enregistrer convenablement nos rêves et, par suite, les développer au-delà du point de stagnation que la plupart des gens atteignent avant leur dixième année. Si cela se produisait sur une assez grande échelle, la thérapie deviendrait subversive et menacerait l'État bourgeois parce qu'elle ferait apparaître de nouvelles formes de vie sociale.

Il suffit pour l'instant de dire que chaque enfant, avant que l'endoctrinement familial ne dépasse un point de non-retour et que l'endoctrinement scolaire ne commence, est du moins en germe, un artiste, un visionnaire et un révolutionnaire. Comment retrouver ce potentiel perdu, comment remonter le chemin qui mène du jeu réellement ludique, qui invente lui-même ses propres règles, aux jeux ridicules et normaux qui ne sont que des comportements sociaux ?

Quatrièmement - et nous étudierons cela avec plus de détails dans d'autres chapitres -. la famille impose à tous les enfants un système de tabous. Elle y arrive, comme il en va généralement de toutes les contraintes sociales, en leur inculquant un sentiment de culpabilité, épée de Damoclès qui risque de tomber sur la tête de quiconque préfère ses options et ses expériences à celles recommandées par la société. Si l'on perd la tête au point de désobéir ouvertement aux impératifs de ces systèmes, on est poétiquement décapité ! Le "complexe de castration", loin d'être pathologique, est une nécessité inhérente aux sociétés bourgeoises ; en fait, c'est lorsque certaines personnes sont en danger d'en  guérir qu'elles recherchent avec embaras une thérapie - ou une nouvelle forme de révolution.

Le système de tabous enseigné par la famille dépasse de beaucoup le tabou manifeste de l'inceste. Les moyens sensoriels de communication, hormis l'ouïe et la vue, sont largement restreints. La famille interdit à ses membres de se toucher, de se sentir, de se goûter. Les enfants peuvent s'ébattre avec leurs parents, mais une stricte ligne de démarcation est dessinée autour de leurs zones érogènes. Ainsi, les garçons âgés ne peuvent embrasser leur mère que d'une façon très mesurée, oblique et guindée. Les étreintes et attouchements entre sexes opposés deviennent vite, dans l'esprit de la famille, une dangereuse sexualité. Il y a avant tout le tabou de la tendresse que décrit si bien Ian Suttie dans son livre Origins of love and hate. En famille, la tendresse peut être ressentie - certes - mais en aucun cas exprimée, à moins d'être formalisée jusqu'à perdre pratiquement toute réalité. On peut se souvenir d'un jeune homme dont parle Grace Stuart et qui, voyant son père dans son cercueil, se pencha sur lui, l'embrassa sur le front et lui dit : " Père, je n'ai jamais osé faire cela de ton vivant ". Peut-être que si nous sentions à quel point sont morts les hommes vivants, le désespoir que nous en ressentirions nous inciterait à prendre plus de risques.

Au cours de ce chapitre, j'ai dû employer un langage archaïque, foncièrement réactionnaire et certainement en contradiction avec ma façon de penser ; il en est ainsi, par exemple, du vocabulaire familial : mère, père, enfants (au sens de " leurs enfants "), sur-moi. Le mot "mère" implique un certain nombre de fonctions biologiques, des fonctions de protection première, un rôle conditionné socialement, et aussi une certaine " réalité " juridique. En fait, la fonction maternelle peut s'étendre à d'autres personnes : le père, les frères et soeurs et surtout d'autres personnes extérieures à la famille biologique."


Un psychologue, Tiz, me raconta qu'un garçon

enfermé en ce moment dans une prison psychiatrique

avait coupé la tête de sa mère et l'avait rôtie au four.

Mes réflexions sur l'affaire :

il avait peut-être faim. "


"Les gens sont, de toute évidence, des cochons ; les institutions humaines sont, de toute évidence, des porcheries, des élevages de porcs et des abattoirs. Le "pourquoi" de cette "évidence" est le cours même de l'histoire. Les cochons se roulent dans leur boue avec la même satisfaction que nous dans notre boue écologique, les émanations et les ordures de nos villes et de nos campagnes. Les cochons détruisent souvent leur progéniture ; nous en faisons autant, mais avec des raffinements tortueux d'humanistes. Les modèles de saloperie négligente et de cannibalisme gratuit sont très proches chez l`homme et chez le porc.

Les parents bourgeois et conventionnels sont tout à la fois un énorme cochon bisexué et une gigantesque usine de bacon. Voilà leur ambiguïté fondamentale. Ceux qui s'échappent par une issue de secours ou sous un déguisement d'ouvrier finissent en général dans une grande mangeoire à gorets, une prison ou un autre abattoir. D'autres, peu nombreux, après un dur travail et beaucoup de peine, arrivent à s'enfuir et deviennent sains d'esprit. Ceux-ci portent inévitablement un prophétique fardeau."

" Que la libération, dès son origine, signifie douleur immédiate et dur travail sur soi-même, il n'y a là rien de mystérieusement paradoxal, c'est une conséquence de l'intériorisation d'une contradiction objective de la société bourgeoise. "

Beatrice_Cenci_Hosmer.jpg

Repose sur tes deux oreilles, belle décapitée.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

" Dans une étude sur les testaments, Philippe Ariès démontre qu'avant le milieu du XVIIIe siècle la famille n'intervenait dans la vie des gens que durant les crises ou après la mort. Ce n'est que depuis cette époque que la famille a envahi la vie de tous les jours au point d'annexer toute la vie quotidienne en en faisant son territoire : territoire des crimes les plus violents de notre société, voire de meurtres souvent déguisés en martyres d'enfants. Tous les meurtres sont des meurtres familiaux ayant lieu soit dans une vraie famille, soit dans ses répliques.

La forme familiale de l'existence sociale, qui caractérise toutes nos institutions, détruit fondamentalement les initiatives autonomes parce qu'elles refuse de reconnaître ce que j'ai appelé la dialectique entre être-seul et être-avec-les-autres. Au cours de ces deux derniers siècles, la famille s'est fait l'intermédiaire d'une invasion de la vie des individus, laquelle était indispensable à la survie du capitalisme impérialiste. Par définition, la famille ne peut jamais nous laisser seuls, car elle est l'ultime convergence des mass media les plus perfectionnées. La famille est un poste de télévison plein d'effets de couleur, de sensations tactiles, de goût et d'odeurs que l'on nous impose pour nous faire oublier d'éteindre le poste. Aucune drogue psychédélique n'aura d'effets tant que nous n'aurons pas appris à fermer opportunément ce poste familial. Cela doit se faire en fonction d'une liquidation ou du moins d'une neutralisation partielle des membres de la famille et de ses rouages; la liquidation de ces derniers est encore plus importante que celle des objets familiaux intériosisés. La famille est un système que nous surimposons perpétuellement aux autres, avec une violence aveugle qui les encourage à violer aveuglément la source de cette violence aveugle. Voilà en quoi nous devons intervenir.

Le moment est venu d'écrire nos dernières volontés et notre testament : il n'y a qu'une clause essentielle et expresse. Rien ne doit être laissé à la famille. Mère, père, frères, soeurs, fils et filles, mari et femme nous ont précédés dans la mort. Ce n'est pas à eux que nous donnerons quoi que ce soit qui nous appartient, ce n'est pas eux que nous garderons en nous. Le sans de consanguinité s'est déjà écoulé par les gouttières des rues familiales de banlieue.

L'âge de nos parents est révolu puisqu'ils ont envahi le centre absolu de nous-mêmes, tout comme nous si nous ne comprenons pas le sens profond de ces dernières volontés.

J'espère qu'à la fin de notre vie nous aurons un amour à quitter, même s'il a été meurtri, et qu'il nous restera aussi un désespoir. finalement vaincu. Nous les laisserons tous deux aux hommes, aux femmes et aux enfants.

Ainsi ferai-je. "

David Cooper

SOURCE

Voir aussi :

David Cooper : Psychiatrie et antipsychiatrie (extraits)

Julien Barnier : La domination adulte. Critique d'un pouvoir incontesté "

280px-Francisco_de_Goya,_Saturno_devorando_a_su_hijo_(1819-1823).jpg


15/12/2011

I... comme Idéologie

« L'idéologie consiste à construire la question qui convient à la réponse pratique qui est déjà donnée. En ce sens, penser, c'est toujours faire et, au total, rester assujetti aux pratiques sociales. Si les solutions (ou leur absence postulées) existent déjà dans les cartons de la cité, il reste simplement à identifier les problèmes qui correspondent à ces solutions. »

Jean Lombard, Bernard Vandewalle, Philosophie de l'hôpital, 2007.


« Le psychiatre, à l'hôpital psychiatrique, s'efforce de se persuader, de persuader ses collègues, le personnel hospitalier, les « malades », les familles et les amis des « malades » et la société qu’il pratique la médecine et il nie à ses yeux et aux yeux des autres qu'il soit ici question de persuasion ou même cette persuasion soit nécessaire. Afin de faire entrer ses activités dans le cadre médical il nomme le processus « examen », le jugement « diagnostic », la  sentence « disposition », le châtiment « traitement ».  Si ses « malades » se plaignent de ne pas être malades, ils mettent ses prétentions au défi.

Il nous faut admirer avec quelle ingéniosité il fait face à cette contingence. Il suppose qu'un des « symptômes » fondamentaux du « malade mental » réside dans le fait qu’il ne parvient pas à être conscient de sa « maladie ». Lorsque le « malade » n'est pas d'accord avec le médecin qui le déclare « malade », le médecin ne lui dit pas qu'il devrait être d’accord, mais il lui dit qu'il ne sait pas ce qu'il dit, et ce ce parce qu'il est « malade ». Il saisit le fait que le « malade » déclare ne pas être « malade » comme la preuve qu'il est « trop malade » pour comprendre qu'il est « malade » et le lui dit. Si un « malade » se sent sain malgré le fait que le médecin lui dise qu'il ne l'est pas, et s'il le lui dit, le médecin lui dira qu'il ne cherche pas à recouvrer sa santé.

Le psychiatre, par un autre tour de passe-passe, vient à bout des individus qui feignent d'être des malades mentaux pour se servir d'une institution sociale à des fins personnelles. Le psychiatre qui soupçonne de cela un individu « diagnostique » qu'il souffre d'un « syndrome » de simulation de la maladie qu'il considère comme une maladie à faible pronostic (syndrome de Ganser). Si un homme sait ce qu'il se passe, mais fait semblant de ne pas le savoir, et s'il est conscient de feindre, le psychiatre peut voir en lui un individu qui croit savoir qu'il feint, mais qui, en réalité, ne feint pas, et fait semblant de faire semblant.

Kaplan, un psychologue américain, dans son introduction à son livre The Inner World of Mental Illness, une série de rapports faits à la première personne sur ce que l'on ressent lorsque l'on est un « malade mental », écrit :

« L'un des traits saillants de la psychopathologie décrite dans ce livre se résume à ceci que cette dernière s'oppose à une « normalité » qui est intimement liée aux orientations morales de la civilisation occidentale. L'on peut donc dire que la « psychose d'anormalité » renferme un rapport négatif aux préceptes sociaux dominants — c'est peut-être la forme de négation la plus extrême et la plus totale. Ceci est plus qu'une conclusion abstraite et logique. Dans le jargon de l'époque nous pouvons la nommer « aliénation ». Dans cette association de l'« anormalité » à un refus d'être liés aux choses telles qu'elles sont et à une volonté d'être différents, nous nous trouvons aux prises (c'est là le cœur des choses) avec la catégorie de changement et de transcendance. »

Il en va de même pour un grand nombre de « malades mentaux » qui n'ont pas publié leurs réflexions. La maladie tisse la boucle d'une fuite rétroactive : ceux qui nient l'ordre social établi sont niés par ceux qui le soutiennent et les défenseurs de l'ordre établi sont niés dans leurs néga­tions des négateurs par les négateurs... et ce, non pas à l'infini, mais jusqu'à ce que les défenseurs de l'ordre établi apposent l'étiquette « malade mental » sur les opposants. »

Morton Shatzman, « Folie et moralité », 1973.


« Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. La classe qui dispose des moyens de la production matérielle dispose, du même coup, des moyens de la production intellectuelle, si bien que, l'un dans l'autre, les pensées de ceux à qui sont refusés les moyens de production intellectuelle sont soumises du même coup à cette classe dominante. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l'expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d'idées, donc l'expression des rapports qui font d'une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination. Les individus qui constituent la classe dominante possèdent, entre autres choses, également une conscience, et en conséquence ils pensent; pour autant qu'ils dominent en tant que classe et déterminent une époque historique dans toute son ampleur, il va de soi que ces individus dominent dans tous les sens et qu'ils ont une position dominante, entre autres, comme êtres pensants aussi, comme producteurs d'idées, qu'ils règlent la production et la distribution des pensées de leur époque; leurs idées sont donc les idées dominantes de leur époque. »

K. Marx - F. Engels, L'idéologie allemande, 1845. 

Lonelyones 2.jpg

14/12/2011

« Contre les professionnel-le-s », par A.

pefalp.JPG

Tiré du journal contre l'enfermement psychiatrique SANS REMEDE N°3, Août 2011.

Contre les professionnel-le-s

 

[attention je suis véner... je vais... oups]

« Je dois souffrir d’un refus pathologique de l’autorité qui doit certainement provenir d’une absence de la figure du père parce que j’ai le sentiment qu’aucun-e professionnel-l-e fût-il ou elle le meilleur de sa  profession ne peut quoi que ce soit à mon problème. Mon problème est le suivant : je souffre de vivre dans un monde en guerre où des professionnel-le-s participent quotidiennement au maintien de normes qui m’empêchent de vivre. Ces professionnel-le-s du simple fait de leur position de détenteur d’une profession me renvoient au fait que je dois être quelqu’un qui fait quelque chose, qui s’emploie pour pouvoir exister. Dans le pire des cas je devrais au moins tenir dans une case : accepter un diagnostic... De ce fait ils m’empêchent d’être qui je suis. Car je ne suis pas seulement « sans profession », ni seulement « fou » , ni seulement « révolutionnaire », ni seulement « con » je suis aussi celui qui ne supporte aucune étiquette et qui ne peut pas accepter de vivre dans un monde où tu crèves la gueule ouverte si tu n’en as pas ou si tu n’as pas la bonne. Je suis aussi celui qui refuse d’être « moi » et qui affirme que personne d’où qu’il soit n’a d’autorité ni de légitimité pour analyser, juger ou soigner ce « moi ». La seule thérapie que je réclame est un soin complet, holistique et en profondeur de toute la société malade qui m’a engendré ! Autrefois on appelait ça une révolution, aujourd’hui on ne dit plus rien et on cherche chacun-e de son côté comment on va continuer à sous-vivre un peu plus longtemps... Comment on va faire pour trouver le-la bon-ne professionnel le qui va arranger notre problème d’existence ? Quel est le meilleur traitement qui me serait adapté ? Et pour empêcher que quiconque s’échappe de cet enfer que nous consolidons chaque jour, on ira taxer d’extrémiste le premier qui voudra crier « finissons-en ! » et de « fou » le premier qui tentera d’une manière ou d’une autre d’en finir par lui-même. On l’enfermera et on le traitera avant qu’il puisse faire du grabuge, ça servira d’exemple aux autres et s’il y en a beaucoup d’autres on les parquera aussi : enfants, vieux, chômeurs, malades, incurables, improductifs, inactifs, hyperactifs, handicapés, anormaux, psychotiques, névrosés, normosés, déviants, délirants, délinquants, décadents, dépressifs, criminels, sectaires, terroristes, coupables, marginaux, migrants, mendiants, bipolaires, borderline, parano, skizo, tarés, vagabonds et totos en tutu... Il y aura des étiquettes pour tout le monde et non seulement tu porteras les tiennes mais tu penseras avec elles et tu verras les autres à travers les grilles que nous avons définies et toi aussi bientôt en croisant ton semblable tu diras « ho le pauvre ! » et tu voudras l’aider, le soigner même et tu lui diras « tu sais il y a des bon-nes professionnel-le-s... » Puis bientôt tu t’apposeras tes étiquettes toi même et tu deviendras ton propre psy, ton propre juge et ton propre flic, tu pourras enfin t’autolimiter librement tu seras devenu le rouage parfait de notre machine, TA machine, la machine parfaite et bien huilée de ce monde. Un monde parfait où les bon-nes malades  posent les bon-nes questions aux bon-nes professionnel-le-s ! »

[Haaa ça va mieux excusez moi...]

A.

« Le désir de psychiatrie », par Gérald Dittmar

test-blu-ray-vol-au-dessus-d-un-nid-de-coucou-6.jpg

Tiré du journal contre l'enfermement psychiatrique SANS REMEDE N°3, Août 2011.


Le désir de psychiatrie

par Gérald Dittmar

 

Assez de mensonges, messieurs les spécialistes et que cela soit bien clair dans l’esprit de tous, à savoir que nos objectifs sont :

- la destruction de la psychiatrie,

- la libération de tous les « malades mentaux »,

- la suppression de tous les asiles.

Il faut crier, hurler qu’il n’y a pas d’autre alternative à la psychiatrie que celle de sa destruction.

C’est pourquoi il est nécessaire de dénoncer le discours anti-psychiatrique qui n’est que le retour du même. L’anti-psychiatrie, c’est encore et toujours la psychiatrie et son discours, la répétition sans la différence. Le temps n’est plus à dire mais à faire, non pas l’action pour l’action, mais bien l’intervention généralisée sur les lieux mêmes de la répression sauvage et aveugle qui demain peut tous nous frapper, car nous sommes tous des malades mentaux en puissance et nous savons trop ce qui nous attend si nous ne faisons rien. Là est le seul discours qui peut fonder notre pratique contre l’institution psychiatrique.

Nous affirmons tranquillement que la maladie mentale, ça n’existe pas et que ce n’est qu’une invention de psychiatres. De plus nous sommes persuadés qu’il s’agit bien là d’un phénomène racial, d’une négation de l’autre qui passe par le refus de cette différence qu’est le comportement du « malade mental ».

Il n’est plus nécessaire de démontrer qu’en plus de son caractère profondément répressif, la machine psychiatrique est un immense instrument (et de premier ordre S. V. P. !) aux mains de la bourgeoisie, de qui les psychiatres, libéraux, gauchisants, pseudo-révolutionnaires ne sont que des alliés objectifs qui norment, encadrent, codent, gardent, emprisonnent, lobotomisent, normalisent, neuroleptisent, classifient, électrochoquisent, analysent ces dits « malades mentaux ».

La vérité, c’est qu’on appelle la folie maladie mentale, parce que la folie fait peur, qu’elle dérange, qu’elle décode et court-circuite tout le système. C’est ça l’investissement politique insconscient ou conscient du champ social. Ce que nous disons, c’est que la folie est politique, que ses origines sont politiques et que, comme la délinquance, elle est une fantastique révolte de l’homme contre le pouvoir de cette société de misère, que tous les « malades mentaux » sont des prisonniers politiques et que c’est pour des raisons fondamentalement politiques qu’on les enferme, que la folie ça existe bel et bien et que ça fonctionne très bien, mais que ça n’a rien à voir avec une maladie et qu’il s’agit de tout autre chose que ce que les spécialistes en question voudraient bien y voir.

Alors voilà, on peut se demander ce que ça veut dire, ce désir de psychiatrie ? Qu’est-ce que ça signifie et à quoi ça sert un psychiatre ? Coureur de vacations, de chimères ou de  fantasmes ?

L’extraordinaire, c’est que nous avons même rencontré des psychiatres heureux, qui aiment leur travail, en sont fiers et défendent l’institution. Ils ont bonne conscience, ils répondent à la demande, on peut d’ailleurs se demander laquelle puisque c’est eux qui la créent, ils aident et soulagent. On croit rêver, eux les complices des flics, des juges, des patrons, eux qui utilisent leur pouvoir à enfermer, eux qui se déchargent du sale travail sur ces larbins, les leurs, que sont les infirmiers psychiatriques. Que dire ? Que faire ? Chaque année de brillants médiocres petits cons d’étudiants en médecine font leur entrée en psychiatrie. Ce qu’ils veulent, c’est voir les fous de près, les étudier, comprendre pourquoi ils sont fous et comment ils ont pu en arriver là, ces malheureux... Ça ne risque pas de leur arriver. Qu’on se souvienne de ces mots de Cooper qui, parlant des psychiatres, disait « qu’ils ne sont en fait que des médecins médiocres, des gens qui n’ont pas pu "réussir" en médecine générale ».

Mais après tout qu’importe, « la violence qui crève les yeux, continue Cooper, c’est cette violence subtile et masquée que les autres, les hommes normaux, exercent sur ceux qu’on a baptisés fous ».

Ce qu’il se passe, c’est qu’il existe une catégorie d’hommes qui n’acceptent pas la différence, c’est alors que leur soif de rationnel les conduit au sadisme.

(Marge, Avril-mai 1975, « Pourriture de psychiatrie »)

« ECONOMIE POLITIQUE DU MEURTRE », par le Sozialistiches Patientenkollektiv (S.P.K.)

Tiré de Faire de la maladie une arme, éditions Champ Libre, 1973.

 

SOURCE : ARTISTECHOMISTERIISTE.BLOG.24HEURES.CH

 

ECONOMIE POLITIQUE DU MEURTRE


« Le crime est exclu » - c'est ce qu'a prétendu le 10 avril 1971 la presse de Heidelberg à propos du "suicide». De même que la science bourgeoise, le journal, qui fabrique l'idéologie du capital, doit bien exclure le crime, c'est-à-dire la destruction permanente de l'homme par le système d'exploitation capitaliste.

La liberté de la presse est la liberté pour les gouvernants de cacher les vrais rapports entre les faits.

A la suite de notre communiqué intitulé "Suicide = homicide», beaucoup de lecteurs ont senti leur appétit s'ouvrir et ont demandé des détails. Il ne leur est pas venu à l'idée de forcer la presse quotidienne à donner des nouvelles plus complètes, ou de se sentir obligés à corriger toutes les analyses merdiques qu'on a faites depuis des dizaines d'années sur le problème du meurtre. 

Quand ils entendent le mot "meurtre ", leur petite conscience se met obligatoirement à battre. Ils s'empressent de la nourrir grâce à l'attitude pseudo-critique qu'on leur a inculquée, pour pouvoir ensuite se rendormir paisiblement. C'est simple de comprendre certains rapports, et on peut apprendre à les décrire, mais agir de façon conséquente est toujours une chose difficile pour ceux qui croient être en bonne santé et avoir encore quelque chose à perdre objectivement, les exploités ne possèdent de toute façon rien qui ne soit déjà aux mains des gouvernants. Longtemps avant votre naissance, une décision a déjà été prise quant à vos sentiments, vos pensées et vos fonctions corporelles.

Chacun est doté du corps que lui attribuent les conditions de production capitalistes. Qu'est-ce que l'exploité aurait à perdre, dès lors que de toute façon tout lui a déjà été dérobé dès l'origine ? Revenons aux faiseurs d'opinion officiels.

Soumis eux-mêmes au principe de l'accumulation - ils doivent récolter des annonces et donc chanter la chanson des annonceurs dont ils mangent le pain -, ces faiseurs d'opinion ne peuvent faire autre chose que de rester collés à la forme codifiée que la science dominante donne aux phénomènes. Le devoir d'informer consiste à jeter au grand dévoreur et au grand avaleur ( = le lecteur de journaux) quelques miettes factuelles - sexe et âge du "coupable" lieu et heure du crime, etc. Pour assaisonner le tout, il suffit de dire un mot de la "Commune" aux médicaments-poisons, et le lecteur comprend tout de suite 1' "histoire», sous la forme d'un produit non historique, conforme à l'idéologie. Ce qu'on appelle le "bon sens" (non-sens) est le collaborateur fidèle du capital ( = crime).

Le "sui" cide reste une histoire comme une autre, c'est-à-dire sans effet, tant que les effets mortels des conditions dans lesquelles il a eu lieu sont enregistrées de façon schématique et non conscientes. Cette non- conscience empêche de voir les rapports entre les faits (suicide = homicide) et les conséquences qui en découlent. C'est seulement quand on replace les faits dans leur contexte historique que l'équivalence suicide = homicide prend sa force et devient dangereuse pour la "stabilité" de la monnaie ; elle devient un meurtre qui ne frappe plus l'homme, mais le capital et ses agents.

Celle qui a été assassinée, M., avait été dépourvue de toute valeur, aux yeux de la bureaucratie (sphère de la distribution), par le processus capitaliste d'usure et de dévalorisation. Cependant, elle était contrainte à se vendre pour ne pas mourir de faim immédiatement, ou médiatement, par l'effet de la honte sociale.

La mort est la continuation logique du meurtre massif prévu de façon nécessaire dans le capitalisme. Avant que M. vienne au SPK, elle se considérait comme "foutue", comme une "épave». Ce n'est pas étonnant. Les médicaments-poisons, les électro-chocs, les traitements spéciaux pratiqués de façon massive avaient marqué sa conscience nullement schizophrène et sa compréhension de la réalité. Du moment que la société se refusait continuellement à assurer sa vie matérielle, c'est à juste titre qu'elle se sentait abandonnée.

M. se trouvait de façon permanente en danger mortel, comme des millions d'hommes dans notre société, pour qui cette situation est si quotidienne qu'ils ne sont plus capables d'en avoir une idée conforme à la réalité, ni d'agir en conséquence. Une autre patiente a dit un jour qu'elle ne devait qu'à des circonstances particulières le fait d'être encore en vie. Mais la bureaucratie capitaliste produit tout rarement de telles exceptions. Pour M., il en est allé autrement, c'est-à-dire d'une façon plus réelle : la jungle bureaucratique l'a rendue folle de peur. Mais ça ne compte pas ! Ce qui a été payé par l'État et le rectorat, ce ne fut que le repas du condamné à mort.

Malgré l'obligation où elle s'est trouvée de capituler devant la détresse matérielle, M. put respirer provisoirement grâce aux conditions de travail qui alors n'étaient réalisées qu'au SPK. Elle a toujours su et répété que, depuis son entrée au SPK et malgré toutes les difficultés extérieures, elle avait le sentiment de vivre vraiment et d'être elle-même dans ses rapports avec les autres. Peu de jours avant son assassinat, elle déclara lors d'une discussion qu'elle était en accord total avec le SPK, qui était pour elle l'unique possibilité qu'elle avait de se réaliser et d'agir. D'après ce que sa mère a dit après sa mort, nous savons que dans ses lettres M. revenait souvent sur l'idée que son passage au SPK était l'époque « la plus heureuse » de sa vie.

Seule la violente pression extérieure (blocus par la faim) a pu entraver la stabilisation de son identité politique, - car seule cette sorte d'identité est possible dans le capitalisme schizophrénisant -, identité politique qu'auparavant elle avait recherchée vainement dans une organisation de jeunesse communiste. Non seulement l'étiquette "schizophrène" lui était très pénible, mais pendant des années les gens de l'extérieur et les médecins internes lui avaient reproché de "ruiner sa famille" par sa maladie.

Bien qu'elle eut compris que les conditions impitoyables du marché du travail sont des mécanismes spécifiquement capitalistes, elle transféra les sentiments de culpabilité qu'on lui avait inculqués sur ses "employeurs" dont elle attendait une punition à cause de sa maladie. Elle craignait que son appartenance au SPK ne lui attire des ennuis.

Comme le SPK n'a toujours pas été reconnu légitimement comme une institution universitaire par le ministre de l'Éducation, en accord avec la faculté de médecine et le Rectorat, tout membre du SPK se trouve absolument sans défense en face des mesures étatiques et le bannissement social qui s'y rattache.

M. devait compter non seulement avec des refus dans sa recherche d'un travail, mais se trouvait devant une alternance impitoyable : ou bien réclamer l'argent de l'assurance auquel elle avait droit en s'adressant au Dr Kretz (! !!) (c'est ce que lui conseillaient les médecins de la polyclinique médicale) et risquer de devoir se soumettre à un examen hors du SPK, ou acheter sa survie au SPK au prix d'une paupérisation matérielle. Un transfert avait été déconseillé pourtant par de nombreux experts neurologues, et fut empêché par la solidarité active du SPK.

Il faut bien reconnaître que toutes les singeries de la psychiatrie, qui débite, sur le dos et avec l'argent des exploités, son bla-bla psychanalytique, existentiel-analytique ou biologique ( = "science"), n'ont pas pu abaisser et encore moins supprimer le nombre des suicides des cliniques et des institutions psychiatriques.

Au contraire, la dernière découverte de la psychiatrie "progressiste" consiste à dire que la seule aide qu'on puisse apporter aux "candidats au suicide", c'est de les tuer proprement dans des cliniques construites avec l'argent de l'exploitation qui les conduit à la mort (cf. Frankfurter Rundschau du 10.2.1971, "Nous serions obligés de choisir des bourreaux" ). Le tournant progressiste de la psychiatrie, c'est-à-dire sa suppression tendancieuse pratiquée au SPK, a pourtant prouvé depuis un an la possibilité d'éliminer le suicide. Le meurtre de M. ne peut que nous engager, dans notre pratique, à combattre avec encore plus de décision et de succès la machine d'anéantissement et en particulier ses porteurs de fonction bureaucratique (faculté de Médecine, rectorat, ministère de l'Éducation). Comme c'est une question de vie ou de mort, nous ne pouvons pas et nous ne devons pas attendre qu'un jour lointain, la propriété privée des moyens de production s'élimine d'elle-même.

Par son appartenance au SPK, M. était dès le début en butte à toutes les contraintes contre lesquelles le SPK se bat depuis qu'il existe : pas de moyens financiers - même le compte ouvert pour le SPK est bloqué par l'Université ; bien qu'ils aient été contraints à payer des cotisations d'assurance, les patients se voient refuser par le directeur de la clinique universitaire Von Baeyer et par le rectorat les médicaments auxquels ils ont droit ; 450 patients (une à trois admissions par jour) ne disposent que de cinq pièces ; le travail est continuellement mis en péril par la demande d'évacuation déposée par le Rectorat ; il n'est pas possible de donner des soins permanents dans un des locaux concédés au SPK par le conseil d'administration de l'Université. Cette situation a pour but d'affamer le SPK et reflète bien ce qu'est le meurtre de masse spécifique au capitalisme. Mais le danger de suicide est un "risque limité», comme l'ont dit le professeur Häfner, le Dr Kretz et le psychiatre légiste Leferenz au Sénat universitaire, le 24 novembre 1970.

Rendtorff, le conseil d'administration, le Sénat, etc.,prouvent que ceux qui en raison de leur place dans le processus de production sociale peuvent prendre des décisions pour ou contre les conditions meurtrières, ne font que reproduire aveuglément les contradictions immanentes du capitalisme par leur action coupable et non historique. Le Recteur de Heidelberg au lieu d'étudier au Sénat l'aspect scientifique du projet du SPK et de rendre possible le travail scientifique du SPK en lui donnant le statut d'institution universitaire - ne fait que "réagir" , avec la lâcheté des fonctionnaires, aux ordres d'en haut (décret ministériel). Il laisse la scène à Häfner, qui comme on sait n'est pas membre du Sénat, et qui est en revanche spécialiste de l'euthanasie sociale (suicide = profit), pour que celui-ci plaide la cause de son projet de 45 millions et prépare la liquidation du SPK. A l'époque, 250 patients étaient en cause. On se demande si le risque, quel qu'il soit, est devenu moindre depuis que les responsables se sont complètement démasqués et que le nombre des membres du SPK s'approche du demi-millier ? Le dépassement de cette situation est possible. D'autres l'ont montré avant nous. L'auto-organisation des patients sur une base marxiste conduit à la conséquence radicalement critique qui est déterminante pour nous depuis Ernesto Che Guevara (asthmatique et porteur de fonctions médicales dans la jungle capitaliste).

Comme inhibition, la maladie est une arme du capital. Il est au pouvoir des exploités de rejeter un jour cette arme et toutes les autres dans les poubelles de l'histoire. C'est seulement pour le capitalisme et ses agents que la maladie est un plaisir meurtrier.

COMBATTEZ LES CRIMINELS

ET VOUS NE VOUS DEFENDREZ PAS SEULEMENT CONTRE LES CALCULS DE VOS REINS MAIS CONTRE L'ASSASSINAT POLITIQUE

 

COLLECTIF SOCIALISTE DE PATIENTS (SPK) de l'université de Heidelberg, 30 avril 1971.